La VGP d'un chariot élévateur est obligatoire au moins tous les 6 mois, selon l'article 23 de l'arrêté du 1er mars 2004. Elle comprend un examen de l'état de conservation du chariot et des essais de ses freins, de la descente des charges et de ses limiteurs. Une personne qualifiée, salariée de l'entreprise ou extérieure, la réalise ; l'employeur consigne son résultat au registre de sécurité.
La VGP d'un chariot élévateur est-elle obligatoire ?
Oui : l'article R4323-23 du Code du travail impose des vérifications générales périodiques, et l'arrêté du 1er mars 2004 y soumet les chariots élévateurs, avec un examen de l'état de conservation et des essais au moins tous les 6 mois.
Le Code du travail fixe le but de ces vérifications : « déceler en temps utile toute détérioration susceptible de créer des dangers ». La VGP porte donc sur l'état du chariot et sur l'efficacité de ses dispositifs de sécurité. Elle ne vaut pas attestation de conformité aux règles de conception : un rapport sans observation ne prouve pas que le chariot est conforme (INRS, ED 6339).
Le risque est concret. Selon l'INRS (brochure ED 949, 2005), les chariots automoteurs à conducteur porté étaient impliqués chaque année dans 8 000 à 9 000 accidents du travail, dont 10 à 20 mortels. La même brochure analyse 226 accidents enregistrés de 1992 à 2001 dans la base EPICEA de l'INRS : 84 piétons heurtés et 70 chariots renversés.
Quels chariots sont soumis à la VGP ?
Tous les chariots qui lèvent la charge de façon significative y sont soumis : chariots frontaux, à mât rétractable, à poste de conduite élevable, télescopiques et gerbeurs, à conducteur porté ou accompagnant, quelle que soit leur énergie.
Les transpalettes qui ne font que décoller la charge du sol en sont exclus par l'annexe de l'arrêté ; les transpalettes à ciseaux, eux, y sont soumis. La FAQ CACES de l'INRS et de l'Assurance maladie applique la même règle aux catégories CACES sans mouvement de levage significatif :
| Catégorie R489 | Chariots concernés | VGP obligatoire ? |
|---|---|---|
| 1A | Transpalettes à conducteur porté et préparateurs de commandes sans élévation du poste (levée de 1,20 m au plus) | Non, s'il n'y a pas de levage significatif ; entretien obligatoire |
| 1B | Gerbeurs à conducteur porté (levée de plus de 1,20 m) | Oui, tous les 6 mois |
| 2A | Chariots à plateau porteur (2 tonnes au plus) | Non, s'il n'y a pas de levage significatif ; entretien obligatoire |
| 2B | Chariots tracteurs industriels (traction de 25 tonnes au plus) | Non, s'il n'y a pas de levage significatif ; entretien obligatoire |
| 3 | Chariots élévateurs frontaux en porte-à-faux (6 tonnes au plus) | Oui, tous les 6 mois |
| 4 | Chariots élévateurs frontaux en porte-à-faux (plus de 6 tonnes) | Oui, tous les 6 mois |
| 5 | Chariots élévateurs à mât rétractable | Oui, tous les 6 mois |
| 6 | Chariots élévateurs à poste de conduite élevable (plancher à plus de 1,20 m) | Oui, tous les 6 mois |
Les catégories CACES servent à former et à évaluer les caristes. Elles ne changent rien à la périodicité : un chariot de catégorie 3, 4 ou 5 se vérifie tous les 6 mois. Les chariots télescopiques suivent la même règle, avec une vérification dans chaque configuration (godet, potence, panier). Les gerbeurs à conducteur accompagnant sont eux aussi vérifiés tous les 6 mois, et l'INRS retient la même périodicité pour les gerbeurs mus à la main. Le détail par catégorie est dans notre article sur la VGP des chariots de catégorie 1, 3 ou 5.
À quelle fréquence faut-il effectuer la VGP d'un chariot élévateur ?
Tous les 6 mois au plus : l'article 23 de l'arrêté du 1er mars 2004 fixe cette périodicité pour les chariots élévateurs, comme pour les nacelles motorisées, les hayons et les autres appareils mobiles listés à son article 20-II.
Pourquoi 6 mois et pas 12 ? L'article 23 renvoie à la liste de l'article 20-II : des engins mobiles, sans support particulier, que ce même article dispense de vérification de remise en service quand ils changent de site, à condition qu'ils aient eu une VGP depuis moins de 6 mois.
Ces 6 mois sont un maximum. Selon l'INRS, une périodicité plus courte peut s'avérer nécessaire, par exemple pour un appareil utilisé en ambiance corrosive ou presque toujours près de sa charge maximale ; c'est l'analyse des risques qui la fixe. La VGP n'est d'ailleurs qu'une des vérifications prévues au cours de la vie du chariot :
| Vérification | Quand | Ce qu'elle comprend | Texte |
|---|---|---|---|
| Mise en service | Première utilisation dans votre établissement, chariot neuf, d'occasion ou loué | Examen d'adéquation et essais des dispositifs de sécurité ; épreuves statique et dynamique en plus pour un chariot d'occasion acheté ou neuf sans vérification d'aptitude à l'emploi | Arrêté du 1er mars 2004, art. 13 à 15 |
| VGP | Tous les 6 mois au plus | Examen de l'état de conservation et essais des freins, de la descente des charges et des limiteurs | Art. 22 et 23 |
| Remise en service | Changement de site sans VGP de moins de 6 mois, démontage et remontage, changement de configuration ou de conditions d'utilisation, réparation importante d'un organe essentiel ou accident dû à sa défaillance | Examen d'adéquation, état de conservation, épreuves statique et dynamique, contrôle des freins et limiteurs | Art. 19 et 20 |
| Équipement interchangeable | Pour chaque configuration : godet, potence, panier | Mise en service puis VGP dans chacune des configurations | Art. 12 ; INRS, ED 6339, fiche 8 |
La périodicité de chaque famille d'engins, des nacelles aux élingues, est réunie dans notre tableau des périodicités VGP.
Que vérifie-t-on lors de la VGP d'un chariot élévateur ?
Le vérificateur examine l'état de conservation du chariot (article 9 de l'arrêté du 1er mars 2004), puis essaie en charge ses freins, la descente des charges et ses limiteurs (article 6 b et c du même arrêté).
Chez VGProtect, la vérification suit une grille détaillée, organe par organe :
| Organe | Ce qui est contrôlé | Défaut qui impose une action |
|---|---|---|
| Chaînes de mât | Allongement mesuré au gabarit, fixations, état des maillons | Allongement au-delà de la limite fixée par le fabricant (2 % chez certains fabricants) |
| Fourches et tablier | Épaisseur du talon, fissures, verrous, parallélisme des bras | Usure de 10 % de l'épaisseur au talon : bras à remplacer ou à déclasser (seuil retenu par les fabricants de fourches, d'après la norme ISO 5057) |
| Mât, vérins et circuit hydraulique | Étanchéité, état des flexibles, maintien de la charge en hauteur | Fuite, flexible avec hernie ou craquelure, charge qui redescend seule |
| Freins | Frein de service en charge, frein de stationnement, dispositif d'homme mort | Distance d'arrêt trop longue, déport au freinage, frein qui ne tient pas le chariot |
| Dispositifs de sécurité | Limiteur de charge s'il existe, avertisseur sonore, feux, protège-conducteur, dispositif anti-écrasement des gerbeurs accompagnants | Dispositif absent, hors d'usage ou mal réglé |
| Châssis et roues | Structure, soudures, pneumatiques ou bandages | Fissure, déformation, bandage usé |
Pour l'essai hydraulique, le chariot lève une charge en position haute, puis on vérifie qu'elle ne redescend pas d'elle-même. Quand le chariot a un limiteur de charge, il doit se déclencher à la valeur de la notice ou, à défaut, au-delà de la charge maximale d'utilisation et avant 1,1 fois cette charge (article 6 c).
La VGP ne comporte ni épreuve statique ni épreuve dynamique. Les essais se font le plus souvent à la charge maximale d'utilisation, parfois avec des charges significatives : ils vérifient les sécurités, pas la résistance de la structure (INRS, ED 6339).
Nos vérificateurs se déplacent sur votre site, toutes marques, dans les 8 départements d'Île-de-France : voir la VGP chariot élévateur sur site en Île-de-France.
Quelle est la durée de la VGP d'un chariot élévateur ?
Comptez 30 à 45 minutes par chariot d'après nos interventions, examen, essais en charge et rédaction du rapport compris ; la VGP reste ensuite valable 6 mois au plus, jusqu'à la vérification suivante.
Le temps augmente quand le chariot a plusieurs configurations (godet, potence, panier), puisque chacune se vérifie. Il augmente aussi quand les charges d'essai ou le cariste ne sont pas prêts à l'arrivée du vérificateur.
Nous regroupons les engins d'un même site en une seule intervention. Un rapport provisoire vous est remis à la fin de la vérification, comme le prévoit l'article 3 de l'arrêté, puis le rapport définitif vous est transmis au format numérique, dans le délai de quatre semaines au plus fixé par ce même article.
Comment préparer la VGP de vos chariots ?
Rendez chaque chariot disponible avec sa notice, ses rapports précédents et son carnet de maintenance, et prévoyez un cariste, des charges d'essai et une zone sécurisée : l'article 3 de l'arrêté du 1er mars 2004 l'impose à l'employeur.
- Les chariots à vérifier, clairement identifiés et disponibles pendant toute la vérification.
- La notice du fabricant, la déclaration ou le certificat de conformité, les rapports des vérifications précédentes et le carnet de maintenance.
- Un cariste pour conduire le chariot pendant les essais.
- Des charges d'essai suffisantes et les moyens de les manutentionner.
- Un lieu d'essai sécurisé, à l'écart de la circulation.
Quels documents sont obligatoires pour un chariot élévateur ?
Gardez pour chaque chariot sa notice, sa déclaration de conformité, son carnet de maintenance et ses rapports de vérification, annexés au registre de sécurité, ainsi que l'autorisation de conduite délivrée à chaque cariste.
| Document | Ce qu'il contient | Texte | Conservation |
|---|---|---|---|
| Rapports de vérification (mise en service, VGP, remise en service) | Date, identité du vérificateur, résultats des examens et essais ; rapport provisoire en fin de vérification, définitif sous 4 semaines au plus | Arrêté du 1er mars 2004, art. 3 h ; art. D4711-2 du Code du travail | 5 dernières années, et au moins les deux derniers rapports (art. D4711-3) |
| Registre de sécurité | Résultats des vérifications, portés sans délai ; rapports des vérificateurs extérieurs annexés | Art. R4323-25 et R4323-26 du Code du travail | Même règle (art. D4711-3) |
| Carnet de maintenance | Entretien, réparations, remplacements et modifications, avec date, intervenant et pièces | Art. R4323-19 ; arrêté du 2 mars 2004 | Tenu à jour jusqu'à la mise au rebut du chariot |
| Notice et déclaration de conformité | Instructions du fabricant, déclaration ou certificat de conformité | Arrêté du 1er mars 2004, art. 3 b | À présenter à chaque vérification |
| Autorisation de conduite | Délivrée par l'employeur au cariste, avec une attestation médicale valable 5 ans | Art. R4323-56 du Code du travail | Copie de l'attestation gardée pendant sa validité |
Le registre et les rapports peuvent être tenus sur support numérique (article R4323-27). Le contenu attendu d'un rapport et ce qu'il faut montrer à l'inspection du travail sont détaillés dans notre article sur le rapport VGP et les documents obligatoires.
Combien coûte la VGP d'un chariot élévateur ?
À titre indicatif, une VGP de chariot élévateur coûte de 80 à 180 € HT par machine chez VGProtect ; le prix dépend du type de chariot, du nombre d'engins vérifiés lors du même passage et du lieu d'intervention.
- Le type de chariot : un gerbeur simple demande moins de temps qu'un chariot rétractable ou tridirectionnel.
- Les configurations : un chariot télescopique équipé d'un godet, d'une potence ou d'un panier se vérifie dans chacune.
- Le nombre d'engins : le prix par machine baisse quand plusieurs chariots sont vérifiés lors d'une même intervention, car le déplacement est partagé.
- Le lieu d'intervention, qui fixe les frais de déplacement.
Le devis est gratuit. Pour comparer avec les nacelles, les hayons ou les ponts roulants, consultez les prix d'une VGP par type d'équipement.
Que faire si le rapport de VGP relève une anomalie ?
Vous devez traiter chaque observation du rapport, provisoire ou définitif ; si l'anomalie rend le chariot dangereux, arrêtez-le jusqu'à sa remise en état, puis faites vérifier sa remise en service si la réparation importante porte sur un organe essentiel.
La réglementation ne fixe aucun classement des observations (INRS, ED 6339). En pratique, deux situations se présentent :
- Une usure prévisible ou un point à surveiller : le chariot peut rester en service, mais la réparation doit être planifiée et notée au carnet de maintenance.
- Un danger pour le cariste ou son entourage, comme un frein inefficace, une chaîne trop allongée ou une fourche fissurée : le chariot est arrêté jusqu'à sa remise en état, et le vérificateur l'écrit clairement dans le rapport.
Après une réparation ou un remplacement important d'un organe essentiel, une vérification de remise en service est obligatoire (article 20 de l'arrêté). Le remplacement des chaînes par des chaînes neuves de mêmes caractéristiques en dispense, sous conditions, notamment que l'intervention soit notée au carnet de maintenance (article 21). Voir la vérification de mise et de remise en service.
Continuer à utiliser un chariot signalé dangereux expose l'employeur aux sanctions du Code du travail et, en cas d'accident, à celles du Code pénal : voir les sanctions en cas de VGP dépassée.
Qui peut faire la VGP d'un chariot élévateur ?
Une personne qualifiée, salariée de votre entreprise ou extérieure, compétente en prévention des risques et au fait de la réglementation, comme le prévoit l'article R4323-24 du Code du travail ; aucun agrément n'est exigé.
Un organisme accrédité n'est obligatoire que dans des cas précis, notamment quand l'inspection du travail vous demande de faire vérifier la conformité d'un équipement. Selon l'INRS, il peut être déconseillé de confier la vérification au cariste habituel du chariot, qui a pu s'habituer à un fonctionnement dégradé.
Confier la VGP à un vérificateur extérieur vous évite de former ce vérificateur en interne et de justifier sa compétence. Nos vérificateurs qualifiés interviennent sur site sous 24/48 h dans les 8 départements d'Île-de-France. Pour comparer les options, lisez qui peut faire une VGP.
Besoin d'une VGP rapidement ?
Intervention sous 24/48h en Île-de-France. Devis gratuit.
Demander un devisQuestions fréquentes
Un chariot neuf doit-il passer une VGP dès sa livraison ?
Non, pas une VGP : il doit d'abord passer une vérification de mise en service dans votre établissement, à la charge de l'employeur. Pour un chariot neuf dont le fabricant a vérifié l'aptitude à l'emploi, elle comprend l'examen d'adéquation et l'essai des dispositifs de sécurité. La première VGP intervient ensuite au plus tard 6 mois après la mise en service.
Un chariot loué doit-il avoir une VGP à jour ?
Oui, et c'est à l'entreprise utilisatrice de s'en assurer auprès du loueur. La copie du rapport de première mise en service, celle du dernier rapport de VGP et l'historique des VGP accompagnent le chariot avec sa notice (arrêté du 1er mars 2004, article 15). À son arrivée, le chariot passe un examen d'adéquation et des essais de fonctionnement.
Une VGP en retard d'un seul jour pose-t-elle problème ?
Oui. Les 6 mois sont un maximum, sans délai de tolérance : dès le lendemain de l'échéance, le chariot n'est plus en règle et son utilisation expose l'employeur aux sanctions de l'article L4741-1 du Code du travail. Planifiez la vérification quelques semaines avant la date limite.
La pastille VGP collée sur le chariot suffit-elle ?
Non. Selon l'INRS, ces repères indiquent seulement la date de la dernière vérification, jamais le bon état du chariot. Seul le rapport de vérification, annexé au registre de sécurité, prouve que la VGP a été faite et ce qu'elle a relevé.
Le CACES du cariste remplace-t-il la VGP du chariot ?
Non. Le CACES concerne le conducteur, la VGP concerne l'engin. Pour conduire, le cariste doit avoir une autorisation de conduite délivrée par l'employeur (article R4323-56 du Code du travail), et le CACES est l'un des moyens de contrôler ses connaissances. Selon l'INRS (ED 949, 2005), cette autorisation manquait dans environ 40 % des accidents graves ou mortels analysés.
Peut-on faire la VGP pendant les heures de production ?
Oui. Nous pouvons intervenir en début ou en fin de poste, ou vérifier les chariots un par un pour ne pas bloquer votre activité. Tous les engins du site sont regroupés en une seule intervention.
Textes de référence
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage (Légifrance)
- Arrêté du 2 mars 2004 relatif au carnet de maintenance des appareils de levage (Légifrance)
- Code du travail, article R4323-23 : vérifications générales périodiques
- Code du travail, article R4323-24 : personnes qualifiées
- Code du travail, article R4323-25 : registre de sécurité
- Code du travail, article R4323-56 : autorisation de conduite
- Code du travail, article D4711-2 : mentions des rapports de vérification
- Code du travail, article D4711-3 : conservation des rapports
- INRS, ED 6339 : vérifications réglementaires des machines, appareils et accessoires de levage
- INRS, ED 949 : chariots automoteurs de manutention à conducteur porté
- INRS, catégories de CACES
- INRS et Assurance maladie, FAQ CACES 2020 (édition 7)
