Ne pas faire réaliser une VGP à temps est un délit : l'employeur encourt jusqu'à 10 000 € d'amende par salarié concerné (article L4741-1 du Code du travail), et une société cinq fois plus. En récidive, la peine passe à un an d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. En cas d'accident peuvent s'ajouter des poursuites pour blessures ou homicide involontaires et la reconnaissance d'une faute inexcusable de l'employeur.
Quelle amende pour une VGP dépassée ou périmée ?
Jusqu'à 10 000 € d'amende, appliquée autant de fois qu'il y a de salariés concernés : c'est la peine que fixe l'article L4741-1 du Code du travail quand l'employeur ne fait pas réaliser les vérifications obligatoires.
C'est un délit, jugé par le tribunal correctionnel, et non une contravention. Il vise l'employeur, ou la personne à qui il a délégué ses pouvoirs, quand le manquement vient de sa faute personnelle. L'amende se multiplie par le nombre de salariés concernés, pas par le nombre de machines, et quel que soit le nombre d'infractions relevées dans le procès-verbal.
Pour une société, le montant maximal est multiplié par cinq (article 131-38 du Code pénal), soit jusqu'à 50 000 € par salarié concerné. La chambre criminelle de la Cour de cassation l'a confirmé pour cette infraction le 27 février 2018 (pourvoi n° 17-80.387).
| Situation | Employeur personne physique | Société | Texte |
|---|---|---|---|
| VGP non réalisée ou dépassée | Jusqu'à 10 000 € par salarié concerné | Jusqu'à 50 000 € par salarié concerné | Art. L4741-1 du Code du travail ; art. 131-38 du Code pénal |
| Récidive | 1 an d'emprisonnement et 30 000 € d'amende | Amende maximale multipliée par cinq | Art. L4741-1 ; art. 131-38 du Code pénal |
| Peines complémentaires | Affichage et publication du jugement ; en récidive, interdiction d'exercer certaines fonctions pendant 5 ans au plus | Affichage et publication du jugement | Art. L4741-5 du Code du travail |
Exemple de calcul du maximum encouru : 3 caristes utilisent un chariot dont la VGP a expiré. L'amende peut atteindre 3 × 10 000 € = 30 000 € pour un employeur personne physique, et 150 000 € pour une société.
Le cadre complet des vérifications, de la définition aux périodicités, est résumé dans notre guide de la réglementation VGP.
Quelles peines en cas d'accident avec un engin dont la VGP est dépassée ?
En cas d'accident, l'employeur s'expose à des poursuites pour blessures ou homicide involontaires, jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende pour un homicide avec violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité.
Même sans accident, la mise en danger d'autrui (article 223-1 du Code pénal) est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. Elle suppose une violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité, qui expose un salarié à un risque immédiat de mort ou de blessure pouvant entraîner une mutilation ou une infirmité permanente.
| Infraction | Peine maximale | Texte |
|---|---|---|
| Mise en danger d'autrui, sans accident, avec violation manifestement délibérée | 1 an et 15 000 € | Art. 223-1 |
| Blessures involontaires, incapacité totale de travail de 3 mois au plus, avec violation manifestement délibérée | 1 an et 15 000 € | Art. 222-20 |
| Blessures involontaires, incapacité totale de travail de plus de 3 mois | 2 ans et 30 000 € | Art. 222-19 |
| Mêmes blessures, avec violation manifestement délibérée | 3 ans et 45 000 € | Art. 222-19 |
| Homicide involontaire | 3 ans et 45 000 € | Art. 221-6 |
| Homicide involontaire, avec violation manifestement délibérée | 5 ans et 75 000 € | Art. 221-6 |
Pour une société, l'amende maximale est multipliée par cinq (article 131-38 du Code pénal). Ces poursuites peuvent s'ajouter à celles prévues par le Code du travail.
Que peut faire l'inspection du travail face à une VGP dépassée ?
L'agent de contrôle peut dresser procès-verbal sans mise en demeure préalable, vous demander de faire vérifier la conformité d'un équipement par un organisme accrédité et, si un salarié est exposé à un danger grave et imminent, arrêter temporairement l'activité.
Il entre dans l'établissement pour ses contrôles et consulte le registre de sécurité et les rapports de vérification (articles L8113-1 et L4711-3 du Code du travail). Les vérifications ne figurent pas parmi les cas où une mise en demeure doit précéder le procès-verbal (article R4721-5).
| Mesure | Quand | Si vous ne la respectez pas | Texte |
|---|---|---|---|
| Vérification de la conformité d'un équipement par un organisme accrédité | À la demande de l'agent de contrôle, dans le délai qu'il fixe | Amende administrative jusqu'à 10 000 € | Art. L4722-1, R4722-5 et L4752-2 |
| Arrêt temporaire de l'activité | Danger grave et imminent, par exemple un équipement dont les dispositifs de protection sont absents ou inopérants | Amende administrative jusqu'à 10 000 € par travailleur concerné | Art. L4731-1 et L4752-1 |
| Obstacle au contrôle | Refus d'accès ou entrave aux missions de l'agent | 1 an d'emprisonnement et 37 500 € d'amende | Art. L8114-1 |
Selon l'INRS, l'administration du travail peut aussi imposer, par mise en demeure, des vérifications plus rapprochées que les périodicités de l'arrêté du 1er mars 2004. Gardez donc vos rapports annexés au registre et prêts à être présentés : voir les documents à conserver après une VGP.
Une VGP dépassée entraîne-t-elle la faute inexcusable de l'employeur ?
Pas automatiquement, mais elle rend la faute inexcusable plus facile à établir : l'employeur savait, ou aurait dû savoir, que l'engin devait être vérifié, et il n'a pas pris cette mesure de sécurité.
La faute inexcusable est retenue quand l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger et n'a pas pris les mesures nécessaires pour en préserver le salarié (Cour de cassation, 2e chambre civile, 8 octobre 2020, n° 18-25.021).
- Elle est de droit si le salarié ou un représentant du personnel au CSE avait signalé à l'employeur le risque qui s'est réalisé (article L4131-4 du Code du travail).
- Elle est présumée pour un salarié en CDD, un intérimaire ou un stagiaire affecté à un poste à risques sans avoir reçu la formation renforcée à la sécurité (article L4154-3).
- Aucun texte ne la présume du seul fait d'une VGP dépassée : c'est le juge qui l'apprécie.
Dans la rédaction en vigueur jusqu'au 31 octobre 2026, la faute inexcusable reconnue ouvre à la victime une majoration de ses indemnités ou de sa rente et la réparation d'autres préjudices, comme les souffrances endurées ou le préjudice esthétique. La caisse verse ces sommes, puis en récupère le montant auprès de l'employeur (articles L452-2 et L452-3 du Code de la sécurité sociale). Ces deux articles changent de rédaction le 1er novembre 2026, avec la réforme de la rente AT/MP (loi n° 2025-199 du 28 février 2025, article 90).
L'auteur de la faute inexcusable en répond sur son patrimoine personnel. L'employeur peut toutefois s'assurer contre les conséquences financières de sa propre faute inexcusable (article L452-4).
Une VGP dépassée fait-elle augmenter la cotisation AT/MP ?
Pas en elle-même : c'est un accident du travail qui alourdit la cotisation AT/MP, et seulement dans les entreprises de 20 salariés et plus, dont le taux dépend en tout ou partie de leur propre sinistralité sur trois ans.
| Effectif | Mode de tarification | Effet d'un accident grave |
|---|---|---|
| Moins de 20 salariés | Taux collectif, fixé par secteur d'activité | Pas d'effet direct sur votre taux |
| De 20 à 149 salariés | Taux mixte : une part collective, une part propre à l'entreprise | Hausse partielle du taux pendant plusieurs années |
| 150 salariés et plus | Taux individuel, calculé sur la sinistralité de l'établissement | Hausse directe du taux pendant plusieurs années |
Quand un accident résulte de la faute inexcusable d'un employeur assuré contre ce risque, la caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (la Cramif en Île-de-France) peut aussi lui imposer une cotisation supplémentaire (article L452-4 du Code de la sécurité sociale).
Comment éviter une VGP dépassée ?
Tenez un tableau des échéances de chaque engin, planifiez chaque VGP deux à trois semaines avant sa date limite et regroupez les engins d'un même site, pour qu'aucun ne dépasse sa périodicité de 3, 6 ou 12 mois.
- Listez tous vos engins et accessoires avec leur périodicité : 6 mois pour les chariots, les nacelles motorisées et les hayons, 12 mois pour les ponts roulants et les élingues. Le détail figure dans notre tableau des périodicités VGP.
- Fixez la prochaine échéance dès la fin de chaque vérification, à partir de sa date.
- Tenez la liste de vos vérificateurs à la disposition de l'inspection du travail (article R4323-24) et annexez chaque rapport au registre de sécurité.
- Avec un contrat annuel, VGProtect planifie vos vérifications et vous rappelle les échéances.
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Demander un devisQuestions fréquentes
Une VGP dépassée d'un seul jour est-elle sanctionnable ?
Oui. Les périodicités de l'arrêté du 1er mars 2004 sont des maximums, sans délai de tolérance : dès le lendemain de l'échéance, l'engin n'est plus en règle. L'utiliser expose l'employeur aux sanctions de l'article L4741-1 du Code du travail.
L'amende de 3 750 € pour défaut de VGP est-elle toujours valable ?
Non. C'était le plafond de l'article L4741-1 jusqu'au 30 juin 2016, avec 9 000 € en récidive. Depuis le 1er juillet 2016, l'amende atteint 10 000 € par salarié concerné, et la récidive est punie d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € (ordonnance n° 2016-413 du 7 avril 2016).
Qui est responsable de la VGP d'un engin loué ?
L'entreprise qui utilise l'engin. Elle doit vérifier auprès du loueur que la mise en service et les VGP ont été faites ; les copies du rapport de première mise en service et du dernier rapport de VGP accompagnent l'appareil (arrêté du 1er mars 2004, article 15). Vous pouvez confier les VGP au loueur, mais la responsabilité de leur bonne exécution reste à l'entreprise utilisatrice.
Un salarié peut-il refuser de conduire un engin dont la VGP est dépassée ?
Oui, s'il a un motif raisonnable de penser que la situation présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé : c'est le droit de retrait (article L4131-1 du Code du travail). Une VGP dépassée ne suffit pas toujours à elle seule ; tout dépend de l'état de l'engin.
L'assurance couvre-t-elle un accident avec une VGP dépassée ?
Les dommages corporels du salarié sont d'abord pris en charge par l'Assurance maladie au titre des accidents du travail. En cas de faute inexcusable, les sommes complémentaires sont récupérées auprès de l'employeur, qui peut s'assurer contre ce risque. Selon votre contrat, des exclusions ou des franchises sont possibles : faites le point avec votre assureur.
Quelle amende pour un hayon élévateur sans VGP à jour ?
La même que pour tout appareil de levage : jusqu'à 10 000 € par salarié concerné (article L4741-1 du Code du travail), cinq fois plus pour une société. Le hayon élévateur doit être vérifié tous les 6 mois (arrêté du 1er mars 2004, articles 20 et 23). Voir la VGP des hayons élévateurs.
Textes de référence
- Code du travail, article L4741-1 : amende pénale de l'employeur
- Code du travail, article L4741-5 : peines complémentaires
- Ordonnance n° 2016-413 du 7 avril 2016, article 2 (Légifrance)
- Code pénal, article 131-38 : amende des personnes morales (Légifrance)
- Code pénal, article 223-1 : mise en danger d'autrui (Légifrance)
- Code pénal, article 221-6 : homicide involontaire (Légifrance)
- Code pénal, article 222-19 : blessures involontaires (Légifrance)
- Code pénal, article 222-20 : blessures involontaires (Légifrance)
- Code de la sécurité sociale, articles L452-1 à L452-5 : faute inexcusable (Légifrance)
- Code du travail, article L4131-4 : faute inexcusable de droit
- Code du travail, article L4154-3 : faute inexcusable présumée
- Code du travail, article R4721-5 : cas de mise en demeure préalable
- Code du travail, article L4731-1 : arrêt temporaire d'activité
- Code du travail, article L4752-2 : refus d'une vérification demandée
- Code du travail, article L8114-1 : obstacle au contrôle
- Code du travail, article L4131-1 : droit de retrait
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage (Légifrance)
- INRS, ED 6339 : vérifications réglementaires des machines, appareils et accessoires de levage
