La périodicité de la VGP d'un chariot ne dépend pas de sa catégorie CACES : tout chariot élévateur ou gerbeur (catégories 1B, 3, 4, 5 et 6 de la R489) passe une VGP au moins tous les 6 mois (arrêté du 1er mars 2004, art. 23). Les chariots sans mouvement de levage significatif, que l'on trouve dans les catégories 1A, 2A et 2B, ne sont pas soumis à la VGP mais doivent être entretenus. Le chariot télescopique, absent de la R489, suit lui aussi le rythme de 6 mois, avec une vérification par configuration.
La périodicité de la VGP change-t-elle selon la catégorie du chariot ?
Non : la catégorie R489 sert à former et à évaluer le conducteur, alors que la périodicité de la VGP dépend du type d'appareil défini par l'arrêté du 1er mars 2004, soit 6 mois pour tout chariot élévateur.
Les deux classements n'ont pas le même objet. La recommandation R489 de l'Assurance maladie, qui a remplacé la R389 le 1er janvier 2020, range les chariots en catégories pour organiser les tests CACES des caristes. L'arrêté du 1er mars 2004 range les appareils de levage pour fixer leurs vérifications. Un même chariot relève des deux, mais l'un ne dit rien de l'autre : le CACES du cariste ne remplace pas la VGP du chariot, et inversement (voir VGP et CACES : quelle différence ?).
Pour la VGP, l'arrêté vise les « chariots automoteurs élévateurs à conducteur porté ou non, gerbeurs » et place les chariots élévateurs dans la liste de l'article 20-II, vérifiés tous les 6 mois. Une seule question compte donc : le chariot lève-t-il la charge de façon significative ? Si oui, VGP tous les 6 mois. Sinon, pas de VGP, mais un entretien obligatoire. Les autres équipements sont détaillés dans notre tableau des périodicités VGP.
Quelles sont les catégories de chariots de la R489 et leur VGP ?
La R489 compte neuf catégories : huit types de chariots (1A à 6) et la conduite hors production (7) ; les chariots des catégories 1B, 3, 4, 5 et 6, qui lèvent la charge, passent une VGP tous les 6 mois.
| Catégorie R489 | Chariots concernés | VGP |
|---|---|---|
| 1A | Transpalettes à conducteur porté et préparateurs de commandes sans élévation du poste de conduite (levée de 1,20 m au plus) | Aucune si le chariot ne fait que décoller la charge du sol ; 6 mois s'il la lève de façon significative |
| 1B | Gerbeurs à conducteur porté (levée de plus de 1,20 m) | 6 mois |
| 2A | Chariots à plateau porteur (capacité de charge de 2 tonnes au plus) | Aucune s'il n'a pas de mouvement de levage significatif |
| 2B | Chariots tracteurs industriels (capacité de traction de 25 tonnes au plus) | Aucune s'il n'a pas de mouvement de levage significatif |
| 3 | Chariots élévateurs frontaux en porte-à-faux (capacité nominale de 6 tonnes au plus) | 6 mois |
| 4 | Chariots élévateurs frontaux en porte-à-faux (capacité nominale de plus de 6 tonnes) | 6 mois |
| 5 | Chariots élévateurs à mât rétractable, y compris ceux à prise latérale d'un seul côté | 6 mois |
| 6 | Chariots élévateurs à poste de conduite élevable (hauteur de plancher de plus de 1,20 m) | 6 mois |
| 7 | Conduite hors production des chariots des catégories 1 à 6 : déplacement, chargement sur porte-engins, maintenance, démonstrations, essais | Concerne le conducteur : la VGP est celle du chariot conduit |
Deux familles de chariots n'apparaissent pas dans ce tableau. Les chariots de manutention tout-terrain, à mât ou à flèche télescopique, sont exclus de la R489 : leurs conducteurs passent le CACES R482, catégorie F. Les gerbeurs à conducteur accompagnant relèvent de la R485. Pour la VGP, ces machines restent des chariots élévateurs ou des gerbeurs, vérifiés tous les 6 mois.
Qu'est-ce qu'un chariot de catégorie 3 ?
Un chariot de catégorie 3 est un chariot élévateur frontal en porte-à-faux, à contrepoids, d'une capacité nominale de 6 tonnes au plus (R489) ; comme tout chariot élévateur, il passe une VGP au moins tous les 6 mois.
Sur ce chariot, l'ensemble élévateur et la charge sont en porte-à-faux par rapport à l'essieu avant, et le contrepoids placé à l'arrière assure la stabilité (INRS, ED 812). Au-delà de 6 tonnes de capacité nominale, le même type de chariot passe en catégorie 4.
Le rythme de la VGP reste le même en catégorie 4. Seules les charges d'essai changent : elles sont choisies selon la capacité du chariot, et la plupart du temps les essais se font à la charge maximale d'utilisation (INRS, ED 6339). C'est à l'employeur de fournir ces charges et les moyens de les manutentionner (arrêté du 1er mars 2004, art. 3). Pensez-y au moment de planifier la visite.
Les chariots des catégories 1A, 2A et 2B sont-ils soumis à la VGP ?
Non, tant qu'ils n'ont aucun mouvement de levage significatif : selon l'INRS et l'Assurance maladie, ces chariots ne relèvent pas de l'arrêté du 1er mars 2004, mais l'employeur doit les entretenir pour corriger à temps toute détérioration dangereuse.
La réponse figure dans la FAQ CACES publiée par l'INRS et l'Assurance maladie : « du strict point de vue réglementaire, les chariots qui ne comportent pas de mouvement de levage significatif ne sont pas soumis aux prescriptions de l'arrêté du 1er mars 2004 ». L'arrêté exclut lui-même « les transpalettes levant la charge juste de la hauteur nécessaire pour la déplacer en la décollant du sol ».
La même FAQ rappelle l'obligation d'entretien de l'article L4321-1 du Code du travail. Elle présente des vérifications périodiques volontaires, prévues par contrat, comme « un bon moyen » de la respecter.
Attention à la catégorie 1A : elle couvre des chariots dont la levée peut atteindre 1,20 m. Pour la VGP, c'est la machine qui compte, pas sa catégorie. L'arrêté ne considère pas comme significatif un changement de niveau « juste nécessaire pour déplacer la charge en la décollant du sol » et sans risque en cas de défaillance du support de charge. Un chariot 1A dont la fourche monte au-delà de ce simple décollage entre dans la définition de l'appareil de levage, et donc dans la VGP tous les 6 mois. L'INRS cite d'ailleurs les transpalettes manuels à ciseaux parmi les engins soumis à la VGP semestrielle (ED 949).
Les cas des transpalettes manuels et électriques sont détaillés dans notre article VGP transpalette et gerbeur : obligatoire ou pas ?.
Quelle VGP pour un gerbeur à conducteur accompagnant ?
Un gerbeur à conducteur accompagnant passe une VGP tous les 6 mois, comme un gerbeur à conducteur porté : l'arrêté du 1er mars 2004 vise les chariots élévateurs « à conducteur porté ou non » et les gerbeurs.
Côté conducteur, ces gerbeurs relèvent d'une autre recommandation, la R485 : catégorie 1 pour une hauteur de levée de plus de 1,20 m et jusqu'à 2,50 m, catégorie 2 au-delà de 2,50 m. Un gerbeur dont la levée ne dépasse pas 1,20 m sort du champ de la R485, pas de celui de la VGP.
Pour les gerbeurs mus à la main, l'INRS retient aussi 6 mois (ED 6339, fiche 20 ; ED 949). Pour un parc mixte de gerbeurs et de chariots, une seule visite suffit : voir notre page VGP des gerbeurs.
Quelle VGP pour un chariot télescopique ?
Un chariot télescopique passe une VGP au moins tous les 6 mois comme chariot élévateur, plus une vérification dans chaque configuration quand il reçoit un équipement interchangeable : panier, potence ou godet (INRS, ED 6339).
Le télescopique n'a pas de catégorie R489, qui exclut les chariots à flèche télescopique et les chariots tout-terrain. Ses conducteurs passent le CACES R482, catégorie F (chariots de manutention tout-terrain). Pour la VGP, en revanche, il reste un chariot élévateur de l'article 20-II.
L'arrêté vise aussi les « équipements interchangeables installés sur les tabliers de chariots élévateurs à flèche télescopique ou non ». L'INRS précise qu'ils se vérifient montés sur la machine, configuration par configuration :
- avec la fourche, comme un chariot élévateur ;
- avec un panier élévateur de personnes, comme une nacelle (PEMP) ;
- avec une potence, comme un appareil de levage à charge suspendue ;
- avec un godet, comme un engin de travaux publics.
Chaque configuration doit aussi avoir eu sa vérification de mise en service (arrêté du 1er mars 2004, art. 12). Le jour de la VGP, prévoyez donc sur place les équipements que vous utilisez réellement : un panier ou une potence restés au dépôt ne peuvent pas être vérifiés.
Que contrôle la VGP d'un chariot, quelle que soit sa catégorie ?
La VGP d'un chariot comprend un examen de l'état de conservation et des essais de fonctionnement des freins, des limiteurs et des dispositifs de sécurité (arrêté du 1er mars 2004, art. 22), sans épreuve statique ni dynamique.
- Les fourches : les fabricants de fourches, s'appuyant sur la norme ISO 5057, fixent à 10 % la perte d'épaisseur au talon au-delà de laquelle le bras doit être remplacé ou déclassé.
- Les chaînes de levage : leur allongement ne doit pas dépasser la limite fixée par le fabricant, souvent 2 %.
- Les freins et les dispositifs qui contrôlent la descente de la charge, essayés en fonctionnement.
- Le limiteur de charge, s'il existe : il doit se déclencher à la valeur de la notice, ou à défaut au-delà de la charge maximale et avant 1,1 fois cette charge.
Le résultat est un rapport de vérification, pas un certificat de conformité : il décrit l'état du chariot et les anomalies relevées, sur lesquelles l'employeur doit agir. Le déroulé complet d'une visite est détaillé dans notre guide de la VGP chariot élévateur. Pour faire vérifier votre parc, voir notre page VGP chariot élévateur en Île-de-France.
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Demander un devisQuestions fréquentes
Quelle certification faut-il pour conduire un chariot élévateur ?
La loi n'impose pas de certification : elle impose une autorisation de conduite délivrée par l'employeur, après une formation adéquate (Code du travail, art. R4323-55 et R4323-56). Le CACES R489 de la bonne catégorie est l'un des moyens d'en justifier. Depuis le 1er octobre 2025, l'autorisation suppose aussi une attestation d'absence de contre-indication médicale, valable 5 ans, délivrée par le médecin du travail.
À quoi correspond la catégorie 7 de la R489 ?
À la conduite hors production des chariots des catégories 1 à 6 : les déplacer, les charger sur un porte-engins, les entretenir, en faire la démonstration ou les essayer, sans activité de production. C'est par exemple le cas d'un mécanicien qui essaie un chariot après réparation. Cette catégorie ne change rien à la VGP, qui dépend du chariot.
Un chariot loué doit-il avoir sa VGP à jour ?
Oui, et c'est à l'entreprise qui l'utilise d'y veiller. Avec la notice, la copie du rapport de première mise en service, celle du dernier rapport de VGP et l'historique des VGP doivent se trouver sur le chariot ou à proximité (arrêté du 1er mars 2004, art. 15). Si la VGP arrive à échéance pendant la location, l'entreprise utilisatrice la fait réaliser avant de continuer à utiliser le chariot.
Les élingues ou palonniers utilisés avec le chariot sont-ils vérifiés en même temps ?
Ils ont leur propre vérification : tous les 12 mois pour les accessoires de levage (arrêté du 1er mars 2004, art. 24). Rien n'empêche de les faire vérifier lors de la même visite que les chariots. Voir notre page VGP des accessoires de levage.
Combien coûte la VGP d'un chariot élévateur ?
Chez VGProtect, comptez à titre indicatif de 80 à 180 € HT par chariot élévateur. Le prix varie selon le type de chariot, le nombre de machines vérifiées sur le site (tarifs dégressifs) et la localisation, qui fixe les frais de déplacement. Le devis est gratuit, et notre article sur le prix d'une VGP détaille ces facteurs.
Textes de référence
- INRS : catégories de CACES (R489, R485, R482)
- INRS et Assurance maladie, FAQ CACES 2020, édition 7 (question U.007 sur les VGP des catégories 1A, 2A et 2B)
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage (Légifrance)
- INRS, ED 6339 : Vérifications réglementaires des machines, appareils et accessoires de levage (fiches 8, 20 et 22)
- INRS, ED 812 : Les chariots automoteurs de manutention
- INRS, ED 949 : Chariots automoteurs de manutention à conducteur porté (transpalettes à ciseaux et gerbeurs)
- INRS : CACES et autorisation de conduite
- Code du travail, article R4323-56 (autorisation de conduite)
- Code du travail, article L4321-1 (maintien en état des équipements)
