La VGP et le CACES ne contrôlent pas la même chose. La VGP (vérification générale périodique) porte sur l'engin : une personne qualifiée examine son état et essaie ses freins et ses sécurités, tous les 6 mois pour un chariot élévateur. Le CACES porte sur le conducteur : ce certificat, obtenu après un test théorique et pratique, aide l'employeur à délivrer l'autorisation de conduite exigée par l'article R4323-56 du Code du travail. L'un ne remplace jamais l'autre.
Qu'est-ce que la « VGP CACES » ?
La « VGP CACES » n'existe pas en tant que telle : l'expression associe deux notions distinctes, la vérification générale périodique de l'engin, imposée par l'arrêté du 1er mars 2004, et le CACES, certificat qui évalue son conducteur.
La VGP vise à « déceler en temps utile toute détérioration susceptible de créer des dangers » (article R4323-23 du Code du travail). Pour un appareil de levage, elle comprend l'examen de l'état de conservation et les essais de fonctionnement des freins, des limiteurs et des dispositifs de sécurité (arrêté du 1er mars 2004, article 22). Elle est confiée à une personne qualifiée, salariée de l'entreprise ou extérieure, et donne lieu à un rapport de vérification.
Le CACES (certificat d'aptitude à la conduite en sécurité, marque déposée par la Cnam) atteste qu'un conducteur a réussi des épreuves théoriques et pratiques pour une catégorie d'engins. Seuls les organismes testeurs certifiés, listés par l'INRS, peuvent le délivrer. Huit recommandations de l'Assurance maladie l'organisent depuis le 1er janvier 2020, de la R482 (engins de chantier) à la R490 (grues auxiliaires de chargement).
Un chariot dont la VGP est à jour, conduit par un salarié sans autorisation de conduite, met l'employeur en faute. Un cariste titulaire du CACES au volant d'un chariot dont la VGP a expiré aussi.
Quelle est la différence entre VGP, CACES et autorisation de conduite ?
La VGP vérifie la machine, le CACES évalue les compétences du conducteur, et l'autorisation de conduite est la décision de l'employeur qui permet à ce salarié de conduire cet engin dans son entreprise (article R4323-56 du Code du travail).
| Critère | VGP | CACES | Autorisation de conduite |
|---|---|---|---|
| Porte sur | L'engin : état de conservation, freins, limiteurs, dispositifs de sécurité | Le conducteur : connaissances théoriques et savoir-faire pratique | Le droit, pour un salarié nommé, de conduire tel engin sur tel site |
| Qui s'en charge | Une personne qualifiée, interne ou externe (art. R4323-24) | Un organisme testeur certifié (OTC) | L'employeur (le chef d'établissement) |
| Périodicité ou validité | 6 mois pour les chariots élévateurs, gerbeurs, nacelles motorisées et grues auxiliaires ; 12 mois pour les ponts roulants | 5 ans, 10 ans pour les engins de chantier (R482), selon l'INRS | Aucune durée réglementaire ; à revoir à chaque changement d'engin, de site ou d'aptitude |
| Texte de référence | Art. R4323-23 à R4323-28 du Code du travail ; arrêté du 1er mars 2004 | Recommandations R482 à R490 de l'Assurance maladie (bonnes pratiques, pas une réglementation) | Art. R4323-55 à R4323-57 du Code du travail ; arrêté du 26 septembre 2025 |
| Obligatoire ? | Oui, pour les appareils de levage listés par l'arrêté | Non : aucun texte ne l'impose, c'est un moyen de prouver la compétence | Oui pour six familles d'engins ; recommandée pour d'autres |
| Si elle manque | Délit : jusqu'à 10 000 € d'amende par salarié concerné (art. L4741-1) | Pas de sanction propre ; l'employeur doit alors prouver la compétence autrement | Même article L4741-1 : jusqu'à 10 000 € d'amende par salarié concerné |
Ces montants sont en vigueur depuis le 1er juillet 2016. La récidive est punie d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende, et l'amende maximale est multipliée par cinq pour une société (article 131-38 du Code pénal). Le détail des risques figure dans notre article sur les sanctions en cas de VGP périmée.
Est-il possible de conduire un engin sans CACES ?
Oui : aucun texte n'impose le CACES, mais le Code du travail exige une formation adéquate (article R4323-55) et, pour six familles d'engins, une autorisation de conduite délivrée par l'employeur, que le CACES permet de justifier.
L'arrêté du 26 septembre 2025, en vigueur depuis le 1er octobre 2025, a remplacé l'arrêté du 2 décembre 1998. Son article 3 fixe les trois éléments sur lesquels l'employeur s'appuie pour délivrer l'autorisation :
- une attestation d'absence de contre-indication médicale à la conduite, délivrée par le médecin du travail et valable 5 ans (article R4323-56) ;
- un contrôle des connaissances et du savoir-faire du salarié pour conduire en sécurité ;
- la connaissance des lieux et des consignes du site où l'engin est utilisé.
Le CACES couvre le deuxième point. D'autres voies existent : certains diplômes et titres professionnels en dispensent, selon une liste tenue à jour par la Cnam, et l'employeur peut organiser sa propre évaluation, par exemple pour un engin qu'aucune catégorie de CACES ne couvre. Dans ce cas, gardez une trace écrite de la formation et de l'évaluation : c'est elle qui justifie l'autorisation devant l'inspection du travail.
En revanche, un salarié sans formation, ou sans autorisation pour un engin qui l'exige, ne doit pas conduire. Selon l'INRS (brochure ED 949, 2005), l'autorisation de conduite faisait défaut dans environ 40 % des accidents graves ou mortels de chariots analysés.
Quelle est la différence entre autorisation de conduite et CACES ?
Le CACES appartient au salarié et le suit d'un emploi à l'autre jusqu'à sa date d'échéance ; l'autorisation de conduite est délivrée par l'employeur, pour ses engins et ses sites, et chaque nouvel employeur doit délivrer la sienne.
| CACES | Autorisation de conduite | |
|---|---|---|
| Nature | Certificat de réussite à un test théorique et pratique | Document établi par l'employeur au nom du salarié |
| Délivré par | Un organisme testeur certifié | Le chef d'établissement |
| Appartient | Au salarié, qui le garde s'il change d'entreprise | À l'entreprise : elle ne vaut que chez l'employeur qui l'a délivrée |
| Porte sur | Une catégorie d'engins, par exemple R489 catégorie 3 : chariots frontaux en porte-à-faux jusqu'à 6 tonnes | Les engins que le salarié peut conduire, sur les sites de l'entreprise |
| Durée | 5 ans, 10 ans pour les engins de chantier (INRS) | Aucune durée réglementaire, tant que les conditions sont remplies |
| Obligatoire ? | Non | Oui pour six familles d'engins |
L'autorisation doit être revue dès que le cadre change : nouvel engin, nouvel équipement interchangeable, transfert sur un autre site, problème de santé, échéance de l'attestation médicale ou du CACES. L'employeur la tient, avec une copie de l'attestation médicale, à la disposition de l'inspection du travail et des agents de prévention de l'Assurance maladie (article R4323-56).
Est-ce que l'autorisation de conduite est obligatoire ?
Oui, pour six familles d'engins listées par l'arrêté du 26 septembre 2025 : grues à tour, grues mobiles, grues auxiliaires de chargement, chariots automoteurs à conducteur porté, nacelles (PEMP) et engins de chantier à conducteur porté ou télécommandés.
Pour les autres engins, l'INRS et l'Assurance maladie la recommandent ou la conseillent. Le tableau croise cette obligation avec le CACES de référence et la périodicité de VGP de chaque famille :
| Engin | Autorisation de conduite | CACES de référence | VGP |
|---|---|---|---|
| Chariots élévateurs à conducteur porté (frontaux, rétractables, gerbeurs portés) | Obligatoire | R489, catégorie selon le chariot | 6 mois |
| Transpalettes et préparateurs de commandes au sol, à conducteur porté | Obligatoire | R489 catégorie 1A | Aucune s'ils décollent seulement la charge |
| Gerbeurs à conducteur accompagnant | Recommandée | R485 | 6 mois |
| Nacelles (PEMP) | Obligatoire | R486 | 6 mois, 3 mois si mues à la main |
| Grues auxiliaires de chargement | Obligatoire | R490 | 6 mois |
| Grues mobiles | Obligatoire | R483 | 6 mois |
| Grues à tour | Obligatoire | R487 | 12 mois (montage par éléments), 6 mois (montage rapide ou automatisé) |
| Engins de chantier (pelles, chargeuses, tombereaux…) | Obligatoire | R482 | 12 mois à conducteur porté (arrêté du 5 mars 1993) ; en plus, 6 mois s'ils sont équipés pour le levage |
| Ponts roulants et portiques | Recommandée | R484 | 12 mois |
| Ponts élévateurs de véhicules, tables élévatrices, hayons | Conseillée, à l'appréciation de l'employeur | Aucun | 12 mois pour les ponts élévateurs et les tables élévatrices (6 mois si elles élèvent des personnes), 6 mois pour les hayons |
Même là où l'autorisation n'est que recommandée, la formation reste obligatoire : la conduite de tout équipement mobile automoteur ou servant au levage est réservée aux travailleurs qui ont reçu une formation adéquate (article R4323-55). Le détail des échéances se trouve dans notre tableau des périodicités VGP, et celui des chariots dans VGP et catégories de chariots.
Comment être en règle à la fois pour l'engin et pour le conducteur ?
Tenez deux suivis séparés : pour chaque engin, l'échéance de sa VGP (6 mois pour un chariot élévateur) et ses rapports ; pour chaque conducteur, son autorisation de conduite et ses justificatifs, attestation médicale et CACES ou autre évaluation.
- Portez le résultat de chaque VGP au registre de sécurité et annexez-y les rapports. Conservez les documents des 5 dernières années, et en tout cas les deux derniers rapports (article D4711-3). La liste complète est dans notre article sur les documents obligatoires de la VGP.
- Notez pour chaque conducteur l'échéance de son attestation médicale (5 ans) et celle de son CACES.
- Revoyez l'autorisation dès qu'un salarié change d'engin ou de site, ou qu'un équipement interchangeable s'ajoute à sa machine.
- Pour un intérimaire, l'entreprise de travail temporaire le forme et l'évalue ; vous vérifiez qu'il connaît vos lieux et vos consignes avant de lui délivrer l'autorisation pour la durée de la mission.
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Qui délivre l'autorisation de conduite ?
Le chef d'établissement, c'est-à-dire l'employeur du conducteur (arrêté du 26 septembre 2025, article 3). Le salarié d'une entreprise extérieure est formé et autorisé par son propre employeur. Pour un intérimaire, l'entreprise utilisatrice délivre l'autorisation pour la durée de la mission, après avoir vérifié qu'il connaît les lieux et les consignes.
Quelle est la durée de validité d'une autorisation de conduite ?
Aucune durée n'est fixée par la réglementation. L'autorisation reste valable tant que ses conditions sont remplies : attestation médicale en cours de validité, compétence vérifiée, connaissance du site. Elle doit être revue à chaque changement d'engin, de site ou d'aptitude.
Un CACES obtenu chez un ancien employeur est-il encore valable ?
Oui, jusqu'à la date d'échéance inscrite dessus : le CACES appartient au salarié et le suit dans sa carrière. Le nouvel employeur peut s'appuyer dessus, mais il doit délivrer sa propre autorisation de conduite après avoir vérifié l'attestation médicale et la connaissance de ses lieux. Un CACES de l'ancien modèle (R3xx) reste lui aussi valable jusqu'à son échéance.
Le chef d'entreprise qui conduit lui-même doit-il avoir une autorisation ?
Il n'a pas à se délivrer une autorisation à lui-même. L'INRS précise qu'il doit en revanche pouvoir prouver, notamment après un accident, qu'il remplit les autres conditions : formation, absence de contre-indication médicale, connaissances et savoir-faire pour conduire en sécurité.
Quel document l'employeur doit-il fournir pour conduire un engin ?
Une autorisation de conduite, établie par l'employeur au nom du salarié pour le ou les engins qu'il peut conduire. Pour les six familles d'engins concernées, elle n'est valable que si le salarié détient une attestation de non-contre-indication médicale, dont l'employeur garde une copie. L'autorisation et cette copie sont tenues à la disposition de l'inspection du travail (article R4323-56).
Faut-il un CACES pour conduire un transpalette électrique ?
Non, le CACES n'est jamais imposé par la loi. Un transpalette à conducteur porté demande une autorisation de conduite, que le CACES R489 catégorie 1A permet de justifier ; à conducteur accompagnant, il demande une formation adéquate. Le détail engin par engin est dans notre article VGP transpalette électrique et gerbeur.
Textes de référence
- Code du travail, article R4323-23 (objet des vérifications générales périodiques)
- Code du travail, article R4323-24 (personnes qualifiées pour les VGP)
- Code du travail, article R4323-55 (formation adéquate des conducteurs)
- Code du travail, article R4323-56 (autorisation de conduite et attestation médicale)
- Code du travail, article R4323-57 (arrêtés d'application)
- Code du travail, article L4741-1 (sanction pénale de l'employeur)
- Code du travail, article D4711-3 (conservation des rapports)
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage (Légifrance)
- Arrêté du 26 septembre 2025 relatif à la formation à la conduite des équipements de travail mobiles automoteurs et des équipements de levage (Légifrance)
- INRS, Caces : ce qu'il faut retenir
- INRS, Caces et autorisation de conduite
- INRS, catégories de Caces
- Cnam / INRS, FAQ CACES 2020, édition 7
- INRS, ED 949 (2005), Chariots automoteurs de manutention à conducteur porté
