La maintenance garde un engin de levage en bon état de marche et de sécurité ; la VGP vérifie, à intervalles fixés par l'arrêté du 1er mars 2004 (3, 6 ou 12 mois), qu'il ne présente aucune détérioration dangereuse. Les deux sont obligatoires : la maintenance au titre des articles L4321-1 et R4322-1 du Code du travail, avec un carnet de maintenance pour chaque appareil de levage, la VGP au titre de l'article R4323-23. L'une ne remplace pas l'autre.
Quelle est la différence entre la VGP et la maintenance ?
La maintenance entretient et répare l'engin pour qu'il fonctionne ; la VGP est un contrôle réglementaire, sans réparation, qui recherche les détériorations dangereuses, teste les dispositifs de sécurité et donne lieu à un rapport écrit.
Deux autres obligations sont souvent confondues avec elles : la vérification de conformité de l'engin et la formation du conducteur (CACES et autorisation de conduite). Le tableau les compare.
| Critère | VGP | Maintenance | Vérification de conformité | CACES et autorisation de conduite |
|---|---|---|---|---|
| Objet | Déceler les détériorations dangereuses : état de conservation, freins, limiteurs | Garder l'engin en état de marche et de conformité | Vérifier que l'engin respecte les règles techniques de conception | Vérifier que le conducteur sait conduire en sécurité |
| Obligatoire ? | Oui, pour les équipements listés par arrêté | Oui, avec un carnet pour chaque appareil de levage | Utiliser ou louer un engin non conforme est interdit ; vérification par un organisme accrédité si l'inspection du travail la demande | Autorisation de conduite obligatoire pour certains engins ; le CACES est un moyen de contrôler les connaissances du conducteur |
| Fréquence | 3, 6 ou 12 mois selon l'appareil (6 mois pour un chariot élévateur) | Selon la notice du fabricant | À la demande de l'inspection du travail | Autorisation liée à une attestation médicale valable 5 ans |
| Qui la fait | Personne qualifiée, interne ou externe | Service technique interne, concessionnaire ou prestataire | Organisme accrédité | L'employeur (autorisation) ; un organisme testeur certifié (CACES) |
| Trace écrite | Rapport de vérification, annexé au registre de sécurité | Carnet de maintenance | Rapport de l'organisme accrédité | Autorisation de conduite, CACES, attestation médicale |
| Textes | Art. R4323-23 et R4323-24 du Code du travail ; arrêté du 1er mars 2004 | Art. L4321-1, R4322-1 et R4323-19 ; arrêté du 2 mars 2004 | Art. L4321-2, L4311-3 et R4722-5 | Art. R4323-55 et R4323-56 |
Le rapport de VGP décrit l'état de l'engin et les anomalies relevées. Il ne vaut pas certificat de conformité : un rapport sans observation ne prouve pas que l'engin respecte les règles de conception (INRS, ED 6339). Pour le conducteur, lisez VGP et CACES : quelle différence ?.
La maintenance d'un engin de levage est-elle obligatoire ?
Oui : l'employeur doit maintenir ses équipements en état de conformité et de sécurité (articles L4321-1 et R4322-1 du Code du travail) et tenir un carnet de maintenance pour chaque appareil de levage (arrêté du 2 mars 2004).
Le contenu de la maintenance suit les recommandations du fabricant. Elle comprend les opérations courantes : vidanges, graissages, filtres, remplacement des pièces d'usure (garnitures de frein, flexibles, bandages) et mises à jour logicielles. Elle peut être confiée au constructeur, à un concessionnaire de la marque, à un prestataire ou au service technique de l'entreprise.
Les engins exclus de la VGP restent concernés. Un transpalette qui ne fait que décoller la charge n'a pas de VGP, mais il doit être entretenu au titre de l'article L4321-1.
Que doit contenir le carnet de maintenance d'un chariot élévateur ?
Toutes les opérations faites sur le chariot jusqu'à sa mise au rebut : maintenance prévue par le fabricant, inspections, entretien, réparations, remplacements et modifications, chacune avec sa date, l'intervenant et sa nature (arrêté du 2 mars 2004).
Pour chaque opération, notez :
- la date ;
- le nom des personnes qui interviennent et, le cas échéant, de leur entreprise ;
- la nature de l'opération et, si elle est périodique, sa fréquence ;
- les références des éléments remplacés.
Le carnet peut être tenu sur tout support, numérique compris (article R4323-21 du Code du travail). Il est tenu à la disposition de l'inspection du travail, des agents de prévention de l'Assurance maladie (la Cramif en Île-de-France), de l'OPPBTP s'il y a lieu et du CSE (article R4323-20).
Présentez-le aussi au vérificateur : l'article 3 de l'arrêté du 1er mars 2004 le range parmi les documents à mettre à sa disposition, avec la notice et les rapports précédents. La liste complète est dans notre article sur le rapport VGP et les documents obligatoires.
Pourquoi faire une VGP si le chariot est bien entretenu ?
Parce que l'entretien ne remplace pas la vérification réglementaire : seule une vérification qui comprend l'examen de l'état de conservation et les essais prévus par l'arrêté du 1er mars 2004, consignée dans un rapport, vaut VGP.
Un engin bien entretenu peut cacher un défaut que la maintenance courante ne cherche pas : fissure de fatigue sur une chaîne, dérive d'un limiteur de charge, usure d'un axe de direction. La VGP est faite pour repérer ces défauts avant qu'ils ne causent un accident.
À l'inverse, un engin qui passe la VGP sans observation peut avoir besoin d'entretien : niveau d'huile, batterie faible, jeu de direction. Le vérificateur signale ces points, et c'est le mainteneur qui les traite.
Ne confondez pas la visite d'entretien du concessionnaire avec la VGP. Un autocollant « contrôle OK » ne la remplace pas, et selon l'INRS les pastilles de vérification indiquent seulement une date, jamais le bon état de l'engin. Pour la VGP de vos chariots sur site en Île-de-France, voir notre page VGP chariot élévateur.
Le technicien de maintenance peut-il faire la VGP ?
Oui, s'il est qualifié au sens de l'article R4323-24 du Code du travail : la réglementation de la VGP n'exige pas que le vérificateur soit indépendant de l'entretien, et l'INRS indique que l'entreprise de maintenance peut être qualifiée.
La personne qualifiée doit être compétente en prévention des risques de l'engin et connaître la réglementation. L'employeur tient la liste de ses vérificateurs à la disposition de l'inspection du travail.
Séparer entretien et contrôle reste une bonne pratique, pas une obligation : un second regard repère ce que l'habitude fait oublier. L'INRS estime aussi qu'il peut être déconseillé de confier la vérification à l'utilisateur habituel de l'engin, qui a pu s'adapter à un fonctionnement dégradé. Les options sont comparées dans qui peut faire une VGP.
Comment organiser la VGP et la maintenance de votre parc ?
Faites la VGP juste après une maintenance préventive, remettez au vérificateur le carnet de maintenance et les rapports précédents, puis traitez chaque observation du rapport, les plus graves avant toute reprise du travail.
- Enchaînez les deux interventions : l'engin est propre, accessible et en bon état général, ce qui facilite le contrôle.
- Tenez à jour les deux supports, le carnet de maintenance d'un côté, le registre de sécurité et ses rapports de l'autre : l'inspection du travail peut demander les deux.
- Après la réparation ou le remplacement important d'un organe essentiel (freins, chaînes, limiteurs), prévoyez une vérification de remise en service avant de reprendre le travail. Le remplacement d'une chaîne par une chaîne neuve de mêmes caractéristiques en dispense, sous conditions, notamment qu'il soit noté au carnet (article 21 de l'arrêté).
- Regroupez les engins d'un même site : nous les vérifions en une seule intervention, toutes marques.
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Puis-je faire la VGP et la maintenance le même jour ?
Oui, c'est même conseillé pour limiter l'immobilisation de l'engin. La réglementation de la VGP n'impose pas deux intervenants différents, mais séparer entretien et contrôle reste une bonne pratique. Faites la maintenance d'abord : la VGP porte alors sur l'engin tel qu'il sera utilisé.
À quelle fréquence faire la maintenance d'un chariot élévateur ?
Aucun texte ne fixe une fréquence unique : elle suit la notice du fabricant, qui l'exprime souvent en heures de fonctionnement. La VGP, elle, a une périodicité réglementaire de 6 mois pour un chariot élévateur. Le détail est dans notre guide de la VGP chariot élévateur.
Combien de temps garder les rapports de VGP et le carnet de maintenance ?
Les rapports de vérification se conservent 5 ans, et en tout état de cause les deux derniers (article D4711-3 du Code du travail). Le carnet de maintenance suit chaque appareil de levage jusqu'à sa mise au rebut (arrêté du 2 mars 2004).
Le carnet d'entretien du concessionnaire peut-il servir de carnet de maintenance ?
Oui, s'il recense toutes les opérations exigées par l'arrêté du 2 mars 2004, avec date, intervenant, nature et pièces remplacées. Les interventions faites par d'autres, comme votre service technique, doivent y figurer aussi : le carnet suit l'appareil, pas le prestataire.
Une réparation oblige-t-elle à refaire une vérification ?
Pas toujours. Une vérification de remise en service est obligatoire après tout remplacement, réparation ou transformation importante d'un organe essentiel, ou après un accident dû à sa défaillance (arrêté du 1er mars 2004, article 20). Une petite réparation sans effet sur ces organes se note simplement au carnet de maintenance.
Textes de référence
- Code du travail, article L4321-1 : maintien des équipements de travail
- Code du travail, article R4322-1 : maintien en état de conformité
- Code du travail, article R4323-19 : carnet de maintenance
- Code du travail, article R4323-20 : accès au carnet de maintenance
- Code du travail, article R4323-21 : support du carnet de maintenance
- Arrêté du 2 mars 2004 relatif au carnet de maintenance des appareils de levage (Légifrance)
- Code du travail, article R4323-23 : vérifications générales périodiques
- Code du travail, article R4323-24 : personnes qualifiées
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage (Légifrance)
- Code du travail, article D4711-3 : conservation des rapports
- Code du travail, article R4323-56 : autorisation de conduite
- INRS, ED 6339 : vérifications réglementaires des machines, appareils et accessoires de levage
- INRS, vérifications initiales et périodiques
